Orthese & prothese avec Orthofiga

fabricant d'orthèses et de prothèses à vivre

Accueil > Nos patients > Mathieu

Mathieu

Age

26 ans

Passion

La voile

Accompagné par

Timothée à Saint-Brieuc

Je m’appelle Mathieu et j’ai 26 ans.  

Après avoir passé presque trois ans au Mexique, je suis victime d’un accident de moto. Un choc contre une voiture à près de 160 km/h... On imagine le pire mais, ce soir-là, une bonne étoile m'a épargnée. Je m’en tire bien, seule la totalité de ma jambe est fracturée.

Je reste allongé dans un lit pendant de nombreux mois avec l’éternelle question : que faire pour améliorer cette situation? Les conseils de mes chirurgiens résonnent sans cesse dans ma tête : "manger, garder la pêche et l’envie d’aller mieux. Voilà ce que tu dois faire, voilà ce qui t’aideras à guérir. Le moral, c’est 75% de la guérison, alors bats toi !"

Alors je me bats avec le soutien de mes proches, famille et amis. C’est une force supplémentaire, sans laquelle cette épreuve me semblerait encore plus difficile. Nous nous battons ensemble !

Pendant trois ans et demi, je vis avec une jambe cassée. Elle ne veut pas se réparer. Je garde des broches dans la jambe et je ne peux marcher qu’avec des béquilles. Mais je ne me laisse pas abattre, je voyage partout en France ; je fais du vélo et du kayak.

Cinq années et une cinquantaine d’opérations plus tard, la douleur est toujours présente 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En parallèle, je finis par trouver un travail. Par manque d’options, j’exerce le métier de serveur... Et oui, et ma jambe est toujours cassée!! Comme quoi, quand on veut, on peut!!

Petit à petit ma santé s’améliore... Jusqu'à ce qu’un soir, alors que je rentre du travail avec ma fiancée, nous nous faisons agresser. Nouvelle fracture de la jambe! S’ensuit une année de galère ; on me pose de nouvelles « belles » broches dans la jambe. Pendant un an, je ne peux plus travailler, je ne peux plus me servir de ma jambe. Le temps commence à me paraître long…

Lors d’une visite chez le chirurgien, il m’explique qu’il ne reste qu’une opération possible et que si elle échoue, l'amputation s’imposera obligatoirement. Fatigué des opérations et de la souffrance sans répit, je décide d'annuler cette dernière opération : "amputez ma jambe, je suis prêt."

Le 3 décembre 2014, un bout de moi a disparu : ma jambe bien sûr, mais aussi la douleur et la peur. Je lève le drap et constate qu’on m’a amputé à mi-tibia. A cet instant, je me dis, sans tristesse: « tu y es, c’est fait, avance maintenant…"

L’amputation me cause moins de douleur que ce que j’ai vécu auparavant. Finalement pour moi, ce n’est pas si terrible !!

Dès le départ, je suis motivé à aller de l’avant. Je commence la rééducation dans mon lit : abdominaux, tractions sur la barre du lit d’hôpital. Puis la vraie rééducation commence, sans prothèse au début.

Trois mois après, les plaies ont cicatrisé et le moment tant attendu approche à grands pas ! Le jour où je vais essayer ma prothèse pour la première fois, le jour où je vais remarcher.

Ce premier essai est un mélange de joie et de douleur. Je découvre une sensation inconnue sur un appui inconnu également. Tant qu’on ne la vit pas, cette sensation est indescriptible.

Le premier jour, je garde ma prothèse tibiale une dizaine de minutes. Il faut s’habituer doucement, sans se traumatiser en s’affligeant trop de douleur. Trop d'enthousiasme peut s’avérer dangereux pour la santé du moignon fraichement amputé.  Peu à peu, je redécouvre mon corps. Je me le réapproprie. Et maintenant, je me mets à sourire bêtement : "je remarche!". Je me sens revivre. Je réapprends des gestes et reprends confiance en moi. La frustration des années précédentes s’envole. L’envie de « croquer » la vie revient au galop !

C’est peu de temps après mon amputation que je rencontre les prothésistes d’Orthofiga. Le contact passe tout de suite très bien: ils sont à l’écoute et me font comprendre que leur but, c’est mon bien-être et que celà passe par une prothèse adaptée. Il faut alors définir le type de prothèse dont j’ai besoin. Je suis jeune et dynamique. Je veux refaire du sport dont des sports nautiques. Je marche beaucoup. J’ai donc été équipé d’une prothèse avec un pied classe 3, le plus dynamique. C’est génial !! Ce pied me donne même l'impression d’avoir une cheville. Il restitue l’énergie ce qui permet une marche dynamique. J’arrive même à courir! 

Régulièrement, je vois mon orthoprothésiste. Plus je suis actif, plus mon moignon diminue. Alors on réajuste assez souvent l’emboiture de la prothèse, afin que je m’y sente le mieux possible. En effet, atteindre une stabilité dans le volume du moignon nécessite entre un an et un an et demi. Je le sais, alors je ne désespère pas.

Enfin avec ma prothèse, je retravaille et refais du sport. Aujourd'hui, je fais de la voile, du handi-basket, de la longboard sur route et  j’arrive même à jouer au foot. C’est un nouveau départ, une nouvelle vie.

Sans prothèse, je redeviens handicapé. Alors, je remercie l’équipe de prothésistes qui me suit et qui m’aide à me sentir bien dans « mes baskets »!!

J’ai pour projet de m’acheter un voilier et de partir voyager autour du monde avec ma fiancée. C’est après mon amputation que j’ai passé mon permis bateau, que j’ai appris à faire de la voile.

Alors je sais aujourd'hui que mon handicap n’est qu’un mot, qu’il m’appartient à moi et à moi seul d’en faire ce que je veux : baisser la tête ou la relever.

Mathieu

"Le moral, c’est 75% de la guérison, alors bats toi !"